L’instint tribal (4/4) – De la gaieté du mariage

Chez les Moa-Mao-Oam, la question du mariage entre deux membres du même sexe divisa considérablement. Lorsque l’idée fut lancée par un allumé lors d’une assemblée, les hommes de loi se tournèrent vers les hommes de foi.
Ce jour-là, les prêtres se précipitèrent au sanctuaire, accompagnés d’un couple d’homosexuels, pieds et poings liés, muselés. Sur place, ces mêmes prêtres mandèrent aux cieux si ces êtres méritaient d’être unis par les liens sacrés du mariage. Comme seule réponse, le ciel leur pissa sur la gueule. Drument. Puis la véritable parole divine tomba tel un coup de tonnerre : Non, murmura l’un des pr… le ciel ! Punissez-les !
Les deux hérétiques furent donc émasculés, sodomisés et jetés dans le grand puits.
Au final, tout le village se réjouit d’avoir conservé le Grand Equilibre du monde ! Tel que dieu l’a voulu. Des pensées saines dans un corps sain ! L’ordre des choses. On fit donc une fête, une immense réception, une semaine durant.
Ces gens-là ne s’aiment pas ! Sont pas comme nous ! Sont dégueulasses ! criaient-ils en faisant tinter les verres. Pleins de vins. Coupés à l’eau. L’eau du puits. Vous l’aurez compris. Question d’économies.
A la fin de la semaine, c’est aux latrines que l’on fit bamboche. Dysenterie. Qui emporta la quasi-totalité de la tribu. Tous se vidèrent comme des cruches pleines d’un vin très spécial. Tous remplirent le verre d’un dieu très spécial. Tous crevèrent par-là où d’autres s’étaient appréciés…

Achéron