La production d’affiches à l’ex-école des Beaux-arts de Paris

La rencontre entre ouvriers et étudiants.

L’activité principale de l’ex-école des Beaux-arts de Paris était la production d’affiches sérigraphiées. Ce lieu est rapidement devenu un lieu de vie et de rencontre entre ouvriers et étudiants et fit de nombreux émules.

La sélection

Première affiche de l’Atelier populaire de l’ex-école des Beaux-arts de Paris.
Lithographie, 15 mai 1968.

Suivant le principe d’une communication claire et efficace tant dans la production que dans l’impact visuel, les projets d’affiches étaient proposés chaque soir, lors des Assemblées générales, ensuite soumis au vote de chacun après débats. Y prenaient place autant des ouvriers que des étudiants. Il était impératif de conserver le principe d’anonymat. Les groupes de travail se relayaient jours et nuits, sollicités par les grévistes. La diffusion était massive, il y aurait eu cinq cent affiches produites par l’Atelier populaire de l’ex-école des Beaux-arts de Paris. Elles pouvaient être tirées jusqu’à deux ou trois mille exemplaires.

Lieu de vie et de création ouvrière-étudiante

Atelier populaire de l’ex-école des Beaux-arts de Paris.
Sérigraphie, 12 juin 1968.

La production de l’Atelier populaire ne devait pas se limiter au simple cadre artistique de l’ex-école des Beaux-arts. Les affiches mettent en avant le soutien aux grèves ouvrières. Les ouvriers étaient des forces d’approvisionnement nécessaires pour obtenir de la nourriture, du matériel, en bref, pour permettre le maintien de la production d’affiches mais également pour la survie de l’ex-école des Beaux-arts. Des sérigraphes professionnels apportaient l’encre tandis que des boulangers apportaient du pain. Les travailleurs des entreprises en grève fournissaient d’énormes rouleaux de papier, dont certains venaient des ouvriers du Figaro. Les imprimeurs interrompaient leur tache et travaillaient pour les Ateliers populaires. Au delà de l’aspect matériel, ils ont eu une place importante dans la conception des affiches. Des ouvriers de Renault venaient demander des affiches afin de poursuivre les revendications des grévistes et contribuaient à leur tirage.

L’ex-école des Beaux-arts et la production d’affiches se révèlent être un lieu de rencontre et d’inter-échange entre ouvriers et étudiants. Dans ce milieu en grève, un système autogéré et libertaire se met en place par la pratique même. Les ouvriers se saisissaient pleinement de leur force de production.

C.

Atelier populaire de l’ex-école des Beaux-arts de Paris.
Sérigraphie, entre le 29 et le 31 mai 1968.