LE POING - Apériodique libertaire - Amiens

Le journal qui ne prend pas de gants

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En grève jusqu’à la retraite !

Notre condition d’existence matérielle commune, celle de notre classe sociale, est d’être condamné.e.s au salariat.

Nous sommes obligé.e.s de vendre notre force de travail pour avoir un salaire à la fin du mois. Ainsi, les capitalistes ne possèdent pas seulement les moyens de productions, ils possèdent nos vies. Plus nous travaillons et plus ils s’enrichissent, notre précarité est la conséquence de leurs dividendes. Mais il reste une chose qui nous permet de supporter cette misère : la perspective du départ à la retraite.

La retraite est une petite goutte de solidarité dans l’océan de misère capitaliste. Elle permet de finir ses jours sans obligation de travailler, avec un revenu décent. Cette goutte n’est pas tombée du ciel, elle a été obtenue par la lutte. Aux lendemains de la seconde guerre mondiale, le système de retraite a été créé, bâti et défendu par des militantes et militants de la CGT. Malgré l’opposition acharnée des partis de gouvernement, gaullistes ou socialistes de la SFIO, ces syndicalistes seul.e.s contre tous.te.s ont réussi à conquérir ce petit bastion de liberté.

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La fable du colibri, bande dessinée du Poing n°21

Nous republions ici, en meilleure qualité, la bande dessinée publiée dans le Poing n°21.

A bas les casseurs ?

Au sein des mouvements sociaux, des camarades expriment souvent leur volonté d’un mouvement totalement pacifique pour ne pas être « décrédibilisé.e.s » parles médias. Ce genre de souhait est le produit de deux discours nuisibles sur les mouvements sociaux : le discours médiatique sur la violence, et son corollaire, le discours militant sur la non-violence.

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« Quand elle monte des usines, la colère à la voix des machines »

De mouvement social en blocage, les slogans fusent et se ressemblent parfois trop.

« Macron, démission ! » est rapidement devenu un des principaux slogans des manifestations du mouvement des gilets jaunes. Très médiatisé et chanté jusque dans les cours d’école, ce slogan politiquement assez faible mérite d’être questionné. « Macron démission ! », c’est un peu le « Hollande dégage » cher à l’extrême droite conspirationniste lors du dernier quinquennat, avec une rime et plus de succès. Il peut s’appliquer à n’importe quelle situation – preuve de sa pertinence – et se contente de réduire un problème d’ordre politique aux actes d’un seul homme. C’est au mieux naïf, et au pire dangereux. Que doit-on espérer du départ de Macron ? Qui devrait le remplacer ? Malgré ses promesses de jours meilleurs, « Macron, démission ! » ne sort pas des cadres politiques habituels et ne fait que détourner l’attention des véritables urgences sociales.

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Paritarisme : cimetière de nos espoirs [syndicaux]

C’est rigolo, la dernière fois que j’ai vu un autre syndicaliste que moi sur mon lieu de travail, c’était pour les élections professionnelles ; avant et depuis, que dalle… Soyons clair, le but n’est pas de dézinguer les syndicats. Avec toutes les attaques libérales qu’on se prend dans la gueule depuis quarante ans, s’ils n’avaient pas été là, on se serait retrouvé avec un code du travail « à la suisse », c’est à dire, à poil !

Mais sincèrement, est-ce qu’on s’est pas gouré de méthode ? Depuis la seconde guerre mondiale, les syndicats sont peu à peu devenus des partenaires sociaux siégeant dans des organismes paritaires mettant autour d’une table patronat et syndicats pour « négocier », et aspirant donc son lot « d’élus ».

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Petite analyse anarchiste du RIC

Depuis le mois de novembre et l’émergence du mouvement des gilets jaunes, un bon nombre de personnes demande la reconnaissance légale du référendum d’initiative citoyenne (RIC), voire une inscription de ce principe dans la constitution de notre trop chère « République ».

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Alternative en acte : «Le Peuplié»

Courant avril, j’ai fait une belle découverte sur Amiens, quasi fruit du hasard, juste par bouche à oreille : la coopérative alimentaire autogérée « le peuplié ».

Un samedi après-midi, j’arrive au 161 rue Dejean, derrière la gare SNCF. Le local se situe dans un ancien hangar industriel. À l’intérieur, le contraste est saisissant, l’austérité de l’extérieur laisse place à un espace fraîchement refait à neuf, aéré et lumineux.

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Les nouvelles aventures du mouvement lycéen

Militer dans les lycées peut sembler complexe. Face aux risques d’exclusions, à l’absence de collectifs organisés et la dépolitisation, nous pourrions nous dire que les lycées ne bougeront plus comme au temps du CPE. J’ai pu croire, l’an dernier, que nos blocus (souvent ratés) contre parcoursup’ étaient le summum de notre puissance de feu. Je me suis trompé. Continuer la lecture

Brève excursion en Blanquerie

Une guerre se mène sur différents fronts et il y a toujours plusieurs combats au sein d’une même bataille. Ainsi le gouvernement Macron, aux ordres de la classe bourgeoise comme ses prédécesseurs, poursuit son offensive en détruisant méthodiquement tout ce qui pourrait constituer un frein à l’enrichissement à court terme de cette classe de parasites. Ces politiques réactionnaires se font donc au détriment des conditions de (sur)vie des masses laborieuses (et accessoirement en tuant purement et simplement notre planète). La loi El Khomri a bien entamé la casse du syndicalisme. L’attaque réussie de 2018 contre le statut des cheminots a en outre mis à mal un des pôles syndicaux considéré comme le plus à même de résister. Il est maintenant question d’achever l’école, le sabotage étant déjà bien engagé tandis que le cas de l’université est quasiment réglé. Continuer la lecture

Hôpital à brader

Mépris, oubli, manque de moyens et système D. Voila avec quoi la psychiatrie doit s’organiser.
Les salarié.e.s de l’hôpital Philippe Pinel (Amiens) connaissent bien cet état, eux.elles qui en sont à plus de 150 jours de grève et après 109 jours de bivouac. Face à la fermeture de quatre services en quatre ans (soit pas moins de quatre-vingt-dix lits supprimés et les postes de soignant.e.s qui vont avec) les agent.e.s ont décidé de s’organiser eux.elles-mêmes, au-delà des étiquettes politiques, en recevant uniquement l’aide logistique de la CGT, Sud et FO (mais que fait la CFDT ?). Il ne s’agit pas d’une lutte pour des conditions salariales un peu moins indécentes, mais bel et bien de pouvoir soigner et prendre en soin dignement des personnes en souffrance. Aujourd’hui, c’est quasiment impossible ! La fermeture des services oblige ceux déjà surchargés à accueillir d’autres patient.e.s. Seuls les soins de bases sont assurés, avec deux soignant.e.s pour vingt-six patient.e.s, logeant toutes et tous dans des chambres doubles ou parqué.e.s dans des dortoirs de quatre. Parallèlement, les instances supérieures n’ont pas hésité à vendre certains terrains pour ouvrir une clinique privée de psychiatrie. Tou.te.s égaux.les devant la maladie, mais pas pour l’obtention des traitements ! Continuer la lecture

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