LE POING - Apériodique libertaire - Amiens

Le journal qui ne prend pas de gants

Étiquette : Le Poing n°1

Patrick Lehingue : “Le Vote. Approches sociologiques de l’institution et des comportements électoraux”

Pratique aujourd’hui banalisée et naturalisée, le vote, séquence singulière d’une opération électorale, s’est imposé comme le parangon indépassable et indispensable de la démocratie, qu’on y aille, qu’on le refuse, ou qu’on s’en désintéresse. L’onction remportée dans les urnes par quelques permanents politiques professionnalisés n’est pas (et n’a jamais été) seule concernée. Que ce soit pour l’élection de Miss France, d’un délégué de classe, ou du Pape, il s’agit de désigner un élu à la majorité des voix exprimées. Mais loin d’être le résultat consciemment voulu et poursuivi par quelques visionnaires nourrissant l’histoire officielle du catéchisme républicain, les formes du système électoral contemporain, ni irrévocables ni nécessaires, sont le résultat de processus historiques structurant aujourd’hui le mode de reproduction politique légitime.
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Quand la ville d’Amiens nous balade…

En 2008, au gré d’une alternance politique, la ville d’Amiens a mis en place un dispositif portant le doux nom de « Balades urbaines », c’est beau, ça sonne comme dans un film de Disney. Et puis, pour faire venir les badauds, la ville d’Amiens communique en distribuant dans toutes les boîtes aux lettres, un joli carton d’invitation imprimé en couleur sur papier glacé (C’est vrai qu’en ce moment, pourquoi faire des économies ? Allons ! Allons ! Ne sombrons pas dans la morosité !).
Bref, le principe est simple : une « balade » pour un secteur de la ville, le samedi matin, une fois par mois, réunissant des élus, des techniciens, et surtout des habitants qui sont invités à « participer » en donnant leurs avis. Sur le papier, c’est le monde idéal, les oiseaux chantent et le soleil brille !
La réalité et les buts sont bien différents. Ces balades sont l’occasion pour les élus amiénois d’exposer les projets et les futures réalisations en chantier pour la ville, et c’est bien ça le hic !
Tous ces projets sont déjà dans les tuyaux depuis belle lurette, et à grands frais : des milliers d’euros dépensés en études de faisabilité, projets d’Architectes, aménagements de la voirie et autres propositions de cabinets d’expertise.
Mais arrêtons-nous un instant : imaginons Monsieur Machin, habitant du quartier de la gare, qui lors de la visite, critique le projet de réaménagement du boulevard Jules Barni. Pouvons-nous penser réellement que sa participation va être prise en compte ? Que tout va être remis en question même si Monsieur Machin a fait des petit set que maintenant ils sont plusieurs centaines à s’opposer au projet ? C’est une vaste plaisanterie !
L’objectif est tout autre, et funestement électoraliste. Les élus au pouvoir nous jouent de la mandoline quand ils nous font croire que notre « avis » pèse. Légalement, ces consultations n’ont absolument aucune valeur. Tout le monde peut gueuler contre un projet, et les élus s’en laver les mains (Mais pourquoi, à ce moment précis, je pense à une verrière ? Hum, bizarre…).
Ces balades ne sont qu’un support pour servir la communication politique des élus au pouvoir (Mais oui, vous savez, les gens de la gauche « dure », celle bardée de bons sentiments mais qui trouve que le capitalisme, ce n’est pas si mal et que ça a même ses bons côtés – quand on est du bon.).
Cette gauche là nous joue la carte de la « démocratie participative » c’est tendance, c’est fashion et ça permet de redorer le blason d’une élite politique en rupture d’idées (Il faut bien marquer une différence avec la droite). En gros,on nous dit : « Si ! Si ! Venez participer, dites-nous ce que vous en pensez ! Voyez à quel point nous aimons la démocratie, à quel point nous nous intéressons à la population ! » Mon cul !
Dans cette idée là de la démocratie, on ne fait que fabriquer du consentement. La démocratie participative n’est que l’un des nouveaux et « plus doux » visages de la domination.

L’INDIEN DES HORTILLONNAGES

Tous ensemble ! Tous ensemble ! Enfin presque…

Tout comme Jean Ferrat qui chantait « en groupe, en ligue, en procession », je suis de ceux qui manifestent. Je descends dans la rue quand j’en ai l’occasion. Plus jeune, je n’avais pas la « chance » d’appartenir à une organisation politique. Alors, en libertaire que j’étais, c’est-à-dire deux bons tiers anar et un petit tiers nihiliste, je cherchais vaguement un drapeau noir dans les manifs, et ne reprenait que rarement les slogans. C’est peut-être bête mais entendre des cortèges entiers entonner « Ah ! ça ira, ça ira, ça ira ! » me fait penser aux supporters de foot et leur « Allez, allez, allez… ».
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